Déclin et reconstruction

La commende

 En 1628, en application de la commende, les biens de l’abbaye sont séparés une première fois en deux tiers pour la mense abbatiale et un tiers pour la mense conventuelle. Les conséquences ne se révèleront vraiment qu’après 1688, à la mort de l’abbé Sauvage, quand l’abbaye tomba définitivement en commende.

Le déclin

Bien avant cette période qui la conduisait vers une lente sécularisation, l’abbaye avait connu d’autres vicissitudes. Tout d’abord la nécessité d’une première restauration en 1300, puis une deuxième en 1520. En 1535, le roi de France avait tenté d’accaparer certains biens, mais surtout à partir de 1592, l’abbaye est pillée et brûlée par les Calvinistes de Wassy, puis en 1651 et 1661 elle est occupée par des troupes de dragons et autres mercenaires. C’est la destruction presque totale, si on y ajoute le relâchement des mœurs, conséquence des ces périodes troublées au début du XVIIIème siècle.

Malgré le courage de certains abbés comme Nicolas Barnet en 1624  qui tente une reconstruction avec ses propres deniers, Jovilliers semble condamnée à disparaître.

La reconstruction

Pourtant en 1672, l’abbaye est rentrée dans l’ordre en acceptant de retourner à la règle primitive, les chanoines redeviennent ainsi de vrais Prémontrés. Mais il faudra l’appui moral, financier et technique donné par la grande abbaye de Pont à Mousson au pieux abbé Claude Collin, élu en 1715, pour que celui se lance dans la reconstruction du lieu.

A la veille de la Révolution, Jovilliers avait retrouvé son rayonnement et les religieux qui l’habitaient étaient des chanoines convaincus.

La Révolution

Vendue au prix de 110 500 livres comme bien national en 1790, l’abbaye devient une simple et belle exploitation agricole, la paroisse fût rattachée à Stainville et les religieux dispersés. Les 868 livres de la bibliothèque et les archives restantes partirent à Bar le Duc. Les 9 et 10 mai 1791, une vente à l’encan dispersa tout le mobilier de l’abbaye.

Le premier propriétaire, M. Joseph Weindel, vendit aux enchères l’église abbatiale, où le culte ne se célébrait plus, comme pierrier pour la coquette somme de 27.000 Livres au Sieur Auge Maizière. Seules les deux tours échappèrent à la démolition.